Maudite soit la guerre !

Maudite soit la guerre !

Guerre au Liban, en Iran, Palestine, Ukraine, Somalie … Tant de conflits qui abreuvent les médias et inondent l’actualité quotidienne, au risque de la banalisation d’un mal qui serait inhérent à la marche du monde. Et pourtant !

Lorsque ma mère apprenait qu’un conflit avait éclaté dans tel ou tel coin du monde, ses premiers mots étaient «les pauvres gens ! ». Elle qui avait connu les bombardements de la deuxième guerre mondiale savait la terreur engendrée par le son angoissant du sifflement d’une bombe. Il annonçait une déflagration assourdissante qui vous remue les tripes et fait vibrer les murs. Difficile pour elle de ne pas imaginer la terreur des enfants plongés dans cette horreur.

Faut-il avoir vécu ces choses pour se dire que toute guerre est une abomination et que rien ne devrait justifier la mort ou la souffrance d’êtres humains qui n’ont rien demandé ?
Aucun journaliste n’a pu entrer à Gaza, situation cachant la réalité bien crue d’un génocide dont les enfants sont les premières victimes. Les images que l’on nous renvoie du Liban, de Syrie , d’Iran ou d’Ukraine sont celles de frappes aériennes, de panaches de fumées ou de gerbes de feux, d’immeubles éventrés. On nous parle de nombre de morts, de populations déplacées, tout en expurgeant les images des corps désarticulés, démembrés, brûlés. Les morts sont anonymes, les chiffres ont remplacé les noms de Sarah, Amine, Soraya, Igor… contribuant à rendre invisible la réalité crue de la souffrance humaine.

Faut-il avoir vécu cet enfer pour que la nausée vous envahisse face à l’abomination des massacres perpétrés?
Lorsque j’étais enfant, mes parents – ceux qui ont contribué à mon éducation – ne nous cachaient rien de cette réalité. J’ai été confronté à ces images insoutenables de l’empilement des corps dans les camps de concentration découverts à la Libération, comme celle de cette jeune vietnamienne courant nue sur la route, hurlant de douleur, le corps partiellement brûlé par le napalm que venait de déverser l’armée américaine sur son village! La guerre, la souffrance s’illustraient dans des visages, des corps. Elle s’insinuait dans votre être à en provoquer le dégoût.
Avait-on raison de nous montrer cela ? Je réponds « oui » sans hésitation, mais cela ne s’arrêtait pas à cette simple vision si dure . L’objectif n’était pas de créer un simple réflexe psychologique de rejet, mais de nous faire comprendre les conséquences des guerres et ce que pouvait engendrer la barbarie humaine. Nous n’étions pas dans un récit, dans une fiction ; nous devions affronter une ignoble réalité. Leur génération sortait de l’horreur, le devoir de mémoire et les leçons à en tirer étaient une exigence . Connaître les noms des intellectuels, artistes, militants politiques ou syndicalistes fusillés pour l’exemple, taclés de terroristes pour avoir défendu la liberté, vous fait prendre conscience de l’absurdité de la guerre. Voir la souffrance de tous ces anonymes dont le seul fait d’être juifs, noirs, handicapés les vouait à des souffrances effroyables vous fait vivre et comprendre l’injustice de cet acte barbare qu’est la guerre.

La guerre, personne n’a rien à y gagner en dehors de ceux qui, aujourd’hui, depuis leur fauteuil et face à leur écran d’ordinateur, calculent jour après jour ce que cela va leur rapporter en vente d’armes, en richesses à exploiter, en bénéfices à engranger lorsque l’heure de reconstruction sera venue. La domination du monde est leur obsession, faisant de notre planète un vaste Monopoly où la souffrance n’est qu’une conséquence nécessaire. Ils ont avec eux des dirigeants serviles, dans le partage d’ une double obsession : l’argent et le pouvoir. L’argent est leur dieu, Dieu est leur prétexte !

Parce que nous sommes humains et que nous devons le rester, parce qu’il n’y a rien de plus beau que le bonheur d’un enfant, parce que nous savons créer tant de beauté et nous en émouvoir, ne nous habituons pas et n’acceptons pas cet ordre du monde. La guerre ne peut ni ne doit être une fatalité.

Maudite soit la guerre !

2 réflexions sur « Maudite soit la guerre ! »

  1. Merci pour ce manifeste contre la guerre!
    Je me souviens du mot d’ordre de notre adolescence « plus jamais ça » parlant de la guerre du Vietnam et voilà que maintenant la guerre, terrain de jeu des puissants est commentée comme un spectacle, une banalité une fatalité.
    Crions et résistons à la haine puisque c’est notre seule arme à nous les pacifistes: défendons et revendiquons le droit international. La guerre n’a jamais fait souffrir que les gens peuple qui en sont les premières victimes innocentes et impuissantes face à la violence des « importants » et des profiteurs de guerre. C’est le capitalisme qui y cherche sa survie.

  2. Je viens de lire Maudite soit la guerre et je suis complètement d’accord avec toi, c’est à se demander comment un grand pays choisit et accepte un dirigeant décérébré qui a juste de l’intelligence pour s’enrichir et consolider sa puissance, pour l’autre monstre, on comprend plus facilement comment il arrive à maintenir son emprise.
    J’ai relu également ton texte précédent, en hommage à Georges, belle personne. Je l’ai trouvé très émouvant et bien écrit celui-là aussi.

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